La Côte des Basques en été, c’est une carte postale. En dehors de la saison, c’est quelque chose d’entièrement différent — et, pour ceux qui ont la chance de le voir, bien supérieur.
De novembre à mars, la Côte des Basques n’appartient plus aux estivants. Elle retrouve quelque chose d’essentiel : sa sauvagerie. Les houles atlantiques arrivent sans obstacle depuis les Açores, longues et régulières, et s’écroulent sur la plage avec une puissance qui n’a rien à voir avec les petits rouleaux de juillet. L’écume blanche sur le fond gris-vert de l’eau, le ciel chargé de nuages rapides, les falaises rouges du trias qui dégoulinent après la pluie — c’est un paysage qui exige d’être vu en face, et non depuis un transat.
Les surfeurs qui restent
En hiver, les surfeurs qui sont là sont ceux qui méritent d’être là. Ce ne sont pas des vacanciers qui ont loué une planche pour la semaine. Ce sont des locaux qui connaissent chaque variation du spot, qui savent quelle direction de houle donne quoi, et qui ont investi dans une bonne combinaison 5/4 mm pour ne rien manquer. Les voir évoluer dans des conditions que la plupart des gens trouveraient intimidantes, c’est assister à quelque chose de sincère.
Les falaises, le sentier, la solitude
Le sentier qui longe les falaises au-dessus de la Côte des Basques est presque désert hors saison. On y marche avec un vent qui gifle, on y entend le fracas des vagues en contrebas, on y croise des cormorans qui sèchent leurs ailes sur les rochers. Le belvédère qui, en août, est envahi de selfies, retrouve en janvier sa fonction première : un endroit où regarder l’océan sans rien faire d’autre.
Si vous habitez Biarritz ou si vous y venez hors saison, allez à la Côte des Basques un matin de janvier après une nuit de tempête. Vous comprendrez pourquoi les locaux ne voient pas d’un très bon œil l’afflux estival. Ce n’est pas de l’hostilité — c’est l’attachement à quelque chose que l’on sait éphémère.
Par notre équipe éditoriale