L’espadrille basque n’est pas une chaussure de plage achetée au marché pour cinq euros. C’est l’un des objets artisanaux les plus anciens du Pays Basque, dont la fabrication a connu son apogée industrielle à Mauléon-Licharre, dans la Soule, au début du XXe siècle.
L’histoire de la capitale mondiale
Entre 1880 et 1960, Mauléon-Licharre a produit la majorité des espadrilles consommées en Europe et en Amérique du Sud. Des dizaines d’ateliers, des centaines d’ouvriers, des machines à coudre la semelle de jute et le tissu coton dans un ballet industriel que les archives photographiques de la ville immortalisent encore.
La délocalisation vers l’Asie dans les années 70-80 a tout effacé, ou presque. Il reste aujourd’hui deux ou trois ateliers qui maintiennent la production locale, à des volumes sans commune mesure avec l’âge d’or — mais avec une qualité que la production asiatique n’égale pas.
Ce qui différencie une vraie espadrille de Mauléon
La semelle en corde de jute torsadée à la main ou semi-main. Le point de chaînette qui relie la toile à la semelle — ce point spécifique, appris pendant des années, est la signature des artisans souletins. La durabilité : une espadrille fabriquée à Mauléon, entretenue correctement, peut durer plusieurs saisons. L’équivalent importé ne passe généralement pas l’été.
Comment se fournir
Quelques boutiques de Biarritz et de Bayonne vendent des espadrilles fabriquées à Mauléon. Pour les acheter directement et voir la fabrication, le détour par la Soule s’impose : comptez 1h30 depuis Biarritz par les petites routes de montagne. Certains ateliers accueillent les visites sur rendez-vous.
Prix indicatif : entre 40 et 80 euros pour une paire artisanale de Mauléon, selon le modèle et la finition. Contre 5 à 15 euros pour l’équivalent importé. La différence se voit, se sent, et se vit aux pieds.