Chaque année, plusieurs centaines de milliers de personnes font le voyage jusqu’à la Rhune. La plupart arrivent en voiture, garent au col de Saint-Ignace, et attendent le petit train crémaillère qui les déposera en vingt-cinq minutes au sommet à 905 mètres d’altitude. C’est beau. C’est pratique. Et c’est l’exact opposé de la montagne basque.
Le GR10 et ses variantes
Le GR10 — le grande randonnée qui relie Hendaye à Banyuls-sur-Mer sur plus de 900 kilomètres — passe par la Rhune. Son approche depuis le versant espagnol (depuis Vera de Bidasoa ou Lesaka) est l’une des plus sauvages de toute la montagne basque.
Depuis le versant français, le départ depuis Ascain offre une montée progressive à travers les fougères, les pottoks (les poneys basques semi-sauvages) et les landes à bruyère. Comptez 3 à 4 heures pour l’aller, selon votre rythme.
Ce que vous verrez que le train ne montre pas
À mi-pente, vers 600 mètres, une ligne de crête secondaire offre un panorama sur la baie de Saint-Jean-de-Luz et les falaises d’Hendaye qui coupe le souffle. Ce point de vue n’est accessible qu’à pied — le train l’ignore complètement.
En descendant par le versant espagnol vers Bera, vous traverserez des forêts de chênes et de châtaigniers que même les randonneurs réguliers connaissent peu. La frontière franco-espagnole y est totalement abstraite — on la franchit sans s’en rendre compte, reconnaissable seulement à un changement dans la végétation et, parfois, à la présence de pottoks portant des marques différentes.
Conseils pratiques
Partez tôt — avant 8h en été pour éviter la chaleur et avoir le sommet pour vous seul pendant quelques minutes précieuses. Emportez plus d’eau que vous ne pensez nécessaire. La Rhune est venteuse même par beau temps — prévoyez une couche chaude même en juillet. Et respectez les pottoks : ils sont semi-sauvages, pas domestiques.