Cet article s’inscrit dans une série de rencontres avec des professionnels locaux, visant à mieux comprendre des pratiques contemporaines et les attentes qu’elles suscitent.
Il y a une question que beaucoup de Biarrots se posent sans toujours oser la formuler. Ce désir discret de prendre soin de soi, de corriger ce qui fatigue, de retrouver quelque chose — sans que cela se voie trop, sans que cela altère ce que l’on est.
Le docteur Éric Peyre reçoit depuis de nombreuses années à Biarritz, avenue Édouard VII. Ce que ses patients évoquent souvent, avant même de parler de médecine, tient peut-être à cela : la possibilité de poser des questions, simplement.
Nous l’avons rencontré pour une conversation à double sens — une interview croisée, où chacun interroge l’autre.
Quand vous pensez à la médecine esthétique, quelle est votre première image ?
C’est la question que je pose systématiquement en consultation. Parce que cette première image dit beaucoup. Elle exprime souvent autant les attentes que les appréhensions. Dans la réponse, il y a déjà une partie de la discussion qui va suivre. La médecine esthétique souffre parfois d’une représentation qui ne correspond pas toujours à la réalité des pratiques actuelles — celle des excès ou des transformations visibles. Ce n’est pas l’approche que je développe.
Qu’est-ce qui vous a amené à consulter aujourd’hui, et pas il y a cinq ans ?
C’est aussi une question importante. Non pour mettre en difficulté, mais pour comprendre un contexte. Une demande esthétique s’inscrit souvent dans un moment particulier — un changement, une prise de conscience, une image qui interpelle. Ce moment mérite d’être entendu avant toute proposition.
Vous exercez la médecine esthétique depuis de nombreuses années à Biarritz. Qu’est-ce qui vous a orienté vers cette spécialité ?
La médecine générale m’a appris à écouter. J’ai ensuite souhaité approfondir une dimension moins abordée : le rapport que chacun entretient avec son apparence et ce que cela peut traduire en termes de ressenti. J’ai suivi une formation universitaire, notamment un Diplôme Interuniversitaire de sexologie à Bordeaux II, puis en médecine morphologique et anti-âge à l’Université Paris XIII — Sorbonne Paris-Nord. Ces approches participent d’une réflexion plus globale sur la relation au corps.
On entend souvent parler de « résultats naturels ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Cela signifie que l’intervention ne doit pas être perceptible en tant que telle. L’objectif est d’apporter une amélioration sans transformation visible. Il s’agit davantage d’équilibre que de modification.
Comment se déroule une première consultation ?
Elle repose avant tout sur un échange. J’observe, j’écoute, je pose des questions sur les attentes, les ressentis, les expériences éventuelles. Ensuite, j’expose ce que la médecine peut proposer dans un cadre précis, avec ses indications, ses limites et ses contraintes. Dans certains cas, cet échange suffit à éclairer la décision, sans nécessairement engager de démarche.
Quelles formations ont structuré votre pratique ?
Le DIU de médecine morphologique et anti-âge constitue une base importante. Il apporte une approche globale du vieillissement et de la physiologie. Je participe également à des formations continues, notamment dans le domaine des technologies médicales. Je suis membre de l’Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge (AFME), ce qui implique une actualisation régulière des connaissances.
Biarritz constitue-t-elle un contexte particulier ?
La patientèle est variée, avec des profils et des attentes très différents. On observe néanmoins une recherche fréquente de discrétion. Cela correspond à une approche mesurée de ces pratiques.
Qu’est-ce que vous refusez de faire ?
Les demandes qui me semblent inadaptées ou disproportionnées. Lorsqu’il existe un écart entre une attente et ce qui peut être raisonnablement proposé, il est important de le dire. La médecine esthétique reste une pratique médicale, avec une responsabilité d’indication.
Avez-vous déjà eu le sentiment que cette démarche pouvait être perçue comme superficielle ?
Cette perception existe parfois. Elle renvoie à une hiérarchie implicite entre les formes de soin. Pourtant, le rapport à l’image de soi peut avoir un impact réel sur le bien-être. Dans certains cas, une prise en charge adaptée peut contribuer à un mieux-être, à condition qu’elle s’inscrive dans un cadre mesuré et approprié.
La médecine esthétique reste un domaine encadré, qui nécessite une indication adaptée, une information claire et une approche prudente. Elle s’inscrit, comme toute pratique médicale, dans un cadre défini et évolutif.
Informations pratiques
Docteur Éric Peyre — Médecine Esthétique et Médecine Morphologique et Anti-Âge
Cabinet de Biarritz — 21 Ter avenue Édouard VII, 64200 Biarritz
Consultation sur rendez-vous, du lundi au vendredi
Inscrit à l’Ordre des Médecins
Membre de l’Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge (AFME)