Biarritz, Côte Basque — 64200 Ouvert 7j/7
FR ES EN
Accueil › Vivre Biarritz › De Biarritz à Paris : une nouvelle voix pour le littoral biarrot
Une séance du 45e congrès de l'ANEL à Avranches
Vivre Biarritz

De Biarritz à Paris : une nouvelle voix pour le littoral biarrot

7 octobre 2026 icibiarritz 8 min de lecture

ENVIRONNEMENT · VIE LOCALE — EAU, OCÉAN ET REPRÉSENTATION DES TERRITOIRES

Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, premier adjoint au maire de Biarritz, vient d’intégrer le Conseil d’administration de l’Association nationale des élus des littoraux. L’ANEL l’a également proposé pour la représenter au Comité national de l’eau. Derrière ces acronymes et ces instances que le grand public connaît peu se joue pourtant quelque chose de très concret : la capacité de Biarritz à faire entendre sa voix là où se préparent les politiques publiques concernant l’eau, l’océan et le littoral.

Par Zilbor · Octobre 2026

Il y a des nominations dont on mesure mal l’importance parce que leur intitulé tient davantage du Journal officiel que de la conversation du Café de la Grande Plage.

Celle-ci mérite pourtant que l’on s’y arrête.

Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, premier adjoint au maire de Biarritz, revient du 45ᵉ Congrès de l’Association nationale des élus des littoraux, réuni dans la baie du Mont-Saint-Michel, avec une nouvelle responsabilité : il intègre le Conseil d’administration de l’ANEL.

Et une seconde décision pourrait avoir des conséquences plus concrètes encore pour Biarritz : l’association l’a choisi pour devenir son représentant au Comité national de l’eau.

Diapositive de l'ANEL : désignation des représentants dans diverses instances
La désignation des représentants de l’ANEL dans diverses instances, présentée lors du congrès. © DR

Nuance administrative importante : ne faisons pas aller plus vite la politique que le Journal officiel. L’ANEL a proposé Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde pour occuper son siège au CNE. Cette représentation doit désormais être formalisée dans le cadre de la procédure ministérielle de nomination.

Mais au fait, l’ANEL, c’est quoi ?

L’Association nationale des élus des littoraux ne date pas d’hier.

Créée en 1978, elle rassemble aujourd’hui des collectivités de métropole, de Corse et d’outre-mer : communes, intercommunalités, départements et régions confrontés à cette particularité merveilleuse et parfois redoutable qui consiste à avoir la mer pour voisine.

Sa fonction est double.

D’abord permettre aux élus des différents littoraux de confronter leurs expériences. Une commune normande, une station de la côte basque, une ville corse ou une collectivité ultramarine n’ont évidemment ni la même géographie ni les mêmes contraintes. Elles rencontrent pourtant souvent les mêmes questions : recul du trait de côte, pression foncière, tourisme, logement, gestion des plages, qualité de l’eau, urbanisme ou adaptation au changement climatique.

Mais l’ANEL remplit également une autre fonction, moins visible du grand public et probablement plus importante : porter les préoccupations des territoires littoraux auprès de l’État et des grandes instances nationales et européennes.

Elle constitue ainsi un interlocuteur des pouvoirs publics sur les politiques de la mer et du littoral, participe aux débats qui concernent les collectivités côtières et siège dans différentes instances nationales.

Autrement dit : l’ANEL essaie de faire remonter jusqu’à Paris ce que les maires voient depuis leurs plages.

Jean-Charles Orsucci, un maire du littoral à la tête de l’ANEL

Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et président de l'ANEL
Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et président de l’ANEL. Source : ANEL 2026.

Depuis septembre 2025, l’association est présidée par Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio.

Un président qui connaît donc assez bien le sujet.

À la tête d’une commune dont la géographie, l’économie et l’identité sont intimement liées à la mer, Jean-Charles Orsucci défend notamment la nécessité de trouver un équilibre entre la protection indispensable du littoral et la possibilité, pour les territoires concernés, de continuer à vivre et à se développer.

Auditionné en février dernier au Sénat dans le cadre d’une mission consacrée à la loi Littoral, il a d’ailleurs cité Biarritz, aux côtés notamment d’Étretat et de Nice, parmi les territoires côtiers qui participent au rayonnement national et sont directement confrontés aux transformations de leur littoral.

Le rapprochement avec Biarritz ne date donc pas du congrès qui vient de se tenir.

De Bidart à Biarritz, une relation engagée au printemps

Le 20 mai dernier, Jean-Charles Orsucci était au Pays basque à l’occasion d’une rencontre régionale de l’ANEL organisée à Bidart et consacrée aux grands enjeux du littoral sud-atlantique.

Recul du trait de côte, gestion des plages, domaine public maritime, espaces naturels sensibles, pression touristique, financement de l’adaptation : la journée avait presque des allures d’inventaire des préoccupations qui sont également celles de Biarritz.

À l’occasion de ce déplacement, Jean-Charles Orsucci avait également été reçu à l’Hôtel de Ville de Biarritz.

Une rencontre qui prend aujourd’hui une autre dimension.

Quelques mois plus tard, Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde rejoint le Conseil d’administration de l’association présidée par Jean-Charles Orsucci et l’ANEL propose de lui confier sa représentation au Comité national de l’eau.

Et l’histoire connaîtra bientôt un troisième épisode puisque Biarritz accueillera en septembre 2027 le prochain Congrès national de l’ANEL.

On aurait donc tort de n’y voir qu’une succession de rendez-vous protocolaires.

Une relation institutionnelle semble progressivement se construire entre Biarritz et l’association qui porte la voix des collectivités littorales auprès des pouvoirs publics.

Et c’est précisément là que le sujet devient intéressant pour les Biarrots : que peut rapporter concrètement à notre ville cette présence renforcée au sein de l’ANEL ?

L’eau : un sujet très biarrot

Car le siège auquel l’ANEL vient de proposer Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde est loin d’être anecdotique pour Biarritz.

Le Comité national de l’eau est une instance nationale de consultation sur la politique de l’eau, placée auprès du ministre chargé de l’environnement. L’ANEL y dispose d’un représentant.

C’est ce siège que l’association propose aujourd’hui de confier au premier adjoint de Biarritz.

Or, chez nous, l’eau n’est pas un concept administratif.

C’est l’assainissement. Ce sont les réseaux. Ce sont les eaux pluviales. C’est la qualité des eaux de baignade. C’est la pression estivale sur les infrastructures. Et c’est, évidemment, l’océan.

C’est aussi, de plus en plus, l’adaptation d’une ville construite au bord de l’Atlantique aux conséquences du changement climatique.

Voilà pourquoi cette représentation peut avoir un intérêt concret.

Non parce qu’un élu biarrot ajouterait un titre supplémentaire à sa carte de visite, mais parce que Biarritz disposerait d’un relais supplémentaire entre ses réalités quotidiennes et une instance nationale dans laquelle sont débattues les grandes orientations de la politique de l’eau.

Une carte à jouer collectivement pour Biarritz

Cette nouvelle représentation ne naît donc pas hors sol.

Elle prolonge des échanges engagés quelques mois auparavant avec le président de l’ANEL.

Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde siège aujourd’hui au Conseil d’administration de l’association en sa qualité de premier adjoint au maire de Biarritz.

Sa présence dans ces instances doit donc être regardée d’abord comme une possibilité supplémentaire offerte à Biarritz d’être entendue.

À lui désormais de faire circuler dans les deux sens les informations, expériences et propositions recueillies au niveau national, au bénéfice des Biarrots.

Car le véritable intérêt d’un mandat national commence précisément lorsqu’il cesse d’être honorifique.

En 2027, la France des littoraux viendra à Biarritz

Et l’histoire ne s’arrête pas là.

L'abbaye du Mont-Saint-Michel
L’abbaye du Mont-Saint-Michel, dans la baie qui a accueilli le 45ᵉ congrès de l’ANEL. © DR

Avranches vient de passer le relais à Biarritz.

LE PROCHAIN RENDEZ-VOUS DE L’ANEL

28, 29 et 30 septembre 2027

Congrès national · Biarritz

Pendant trois jours, élus des littoraux métropolitains et ultramarins, représentants de l’État, experts et acteurs de la mer et du littoral se retrouveront donc chez nous.

L’occasion sera naturellement de montrer ce que Biarritz fait.

Mais peut-être davantage encore de montrer ce qu’elle cherche à résoudre.

Qualité de l’eau, réseaux d’assainissement, plages, érosion, logement, pression touristique, partage de l’espace public, sports nautiques, protection de l’océan : nous ne manquons pas vraiment de sujets.

Ce congrès pourrait donc devenir autre chose qu’un rendez-vous institutionnel supplémentaire.

Il peut être l’occasion de confronter les difficultés biarrotes aux solutions expérimentées ailleurs, de faire venir dans notre ville les meilleurs spécialistes de ces questions et de placer certains de nos dossiers au cœur d’une réflexion nationale.

À condition, évidemment, de ne pas attendre septembre 2027 pour commencer à y réfléchir.

Il reste près d’un an pour construire un congrès qui ne soit pas seulement organisé à Biarritz, mais qui soit également utile à Biarritz.

Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde vient de gagner une place autour de la table de l’ANEL.

En septembre prochain, cette table viendra jusqu’à nous.

Zilbor
zilbor@pm.me

🤞 Ne manquez pas nos dernières news !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

← Jean-François Larrieu à Séoul : une première exposition personnelle dans un musée coréen