Il est arrivé gamin à l’Hôtel du Palais pour y faire ses premières armes, et il en est reparti un quart de siècle plus tard en lui ayant rendu sa grandeur. Jean-Louis Leimbacher, directeur général du palace biarrot de 1991 à 2015, reste l’une des figures les plus discrètes et les plus décisives de l’histoire récente de Biarritz.
Tout commence à Strasbourg, où Jean-Louis Leimbacher fait ses classes à l’École hôtelière. Le Palais l’attire depuis l’enfance — il raconte volontiers que c’est en passant devant ce bâtiment, adolescent, qu’il a choisi son métier. Il y débarque comme réceptionniste en 1963, sous la houlette d’un directeur alsacien qui le prend sous son aile. La suite est un tour d’Europe de la grande hôtellerie : le Savoy à Londres, un palace à Tenerife, un aller-retour entre Val d’Isère et la côte basque. Il revient au Palais chef de réception, puis repart au Martinez de Cannes perfectionner son art.
En 1991, le maire Didier Borotra lui confie une mission impossible : redresser un établissement au bord du gouffre. Le Palais ne tourne qu’en saison, les 135 chambres sont dans un état de délabrement avancé, la climatisation n’existe pas, la vente par appartements est sérieusement envisagée. Leimbacher refuse le déclin. Il convainc la ville de garder le Palais dans le giron public, crée une équipe stable, allonge les saisons d’ouverture avec des séminaires haut de gamme et une clientèle de week-ends. L’argent gagné est aussitôt réinvesti.
Sur vingt-cinq ans, sans jamais fermer l’établissement, il supervise 70 millions d’euros de travaux en autofinancement pur. Le spa de 3 000 m² ouvert en 2006 est sacré meilleur d’Europe en 2007. En 2010, l’hôtel intègre le Comité Colbert, vitrine du luxe français dans le monde. En 2011, le label « Palace » est décerné par le ministère du Tourisme — une consécration.
Depuis sa retraite en 2015, Jean-Louis Leimbacher n’a pas quitté Biarritz. On le croise aux halles, sur les courts de pelote, en terrasse. Biarrot d’adoption depuis plus de soixante ans, il reste l’un des rares à pouvoir raconter l’Hôtel du Palais de l’intérieur — de la réception au bureau de direction.